Adèle superstar

Le tome 1 de Mortelle Adèle, en 2012, avait pour titre Tout ça finira mal. 10 ans ont passé, la série compte 18 volumes, sans parler de quelques albums connexes, et force est de constater qu’au contraire, tout va bien pour l’incontestable reine des cours de récré.

À regarder les chiffres du marché de la bande dessinée, publiés cette semaine par l’institut GFK et le festival d’Angoulême, Mortelle Adèle a passé les 10 millions d’exemplaires vendus. Presque la moitié de ces ventes faramineuses ont été enregistrées pendant la seule année dernière. Ce n’est plus un sacre, c’est une apothéose pour la petite peste.

Antoine Dole, alias Monsieur Tan, est le créateur de la série à succès. Comment fait-il pour garder intact cette capacité à penser et à éprouver les sentiments des jeunes enfants ?  

“Quand on aime, quand on est heureux, quand on est triste, quelle que soit l’émotion dans laquelle on se trouve, on se retourne toujours vers l’enfance. C’est l’endroit où tout était absolu, sans limites et j’aime bien y retourner. Au début, c’est un exercice, et ça devient naturel.”

Le scénariste, Mr Tan

à franceinfo

L’héroïne de Monsieur Tan et Diane Le Feyer, qui assure la mise en images depuis le tome 8, désobéit tout le temps et fait tourner ses parents en bourrique. Mais le scénariste la trouve avant tout courageuse.  

“Je pense qu’il est difficile pour des enfants de grandir dans un monde qui pose en permanence un cadre très rigide autour d’eux. Adèle leur dit qu’il faut être fier de soi. Elle prône ce que j’appelle ‘la désobéissance utile’.”

Le scénariste, Mr Tan

à franceinfo

Antoine Dole a commencé à écrire ses histoires quand il avait 14 ans. Aujourd’hui quadragénaire, il dit avoir lui aussi été un enfant à la marge, qui cherchait sa place, moqué par ceux dont on dit volontiers qu’ils ou elles sont populaires.

Dans le top 50 des meilleures ventes BD de l’an dernier, on compte 14 titres de Mortelle Adèle. Mieux encore, le tome 1,Tout ça finira mal, est tout en haut de la pile… ce qui prouve qu’il y a encore des enfants qui découvrent la petite rousse qui ose tout. La route de Monsieur Tan est pavée d’or pour un bon moment.

Mortelle Adèle, éd. Bayard jeunesse

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la chronique “Info manga” de Lætitia de Germon de la rédaction de franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Lætitia vous livre sa sélection et ses coups de cœur.

Demon Slayer (Panini Manga)

Demon Slayer n’a pas tout de suite rencontré de succès dans sa version papier. C’est son adaptation en anime, diffusée en simultané avec le Japon par la plate-forme de VOD Wakanim en 2019 qui l’a propulsé au rang des séries les plus populaires. La sortie du film d’animation Demon Slayer, le train de l’infini en mai 2021 a redonné un coup de fouet à la série.

Demon Slayer raconte l’histoire de Tanjirou, un jeune marchand de charbon, dont la vie va changer radicalement après le massacre de sa famille par un démon. Seule sa petite sœur Nezuko survit à l’attaque, mais elle est transformée en un démon féroce. Ils partent tous deux en voyage afin de prendre leur revanche et de rendre à Nezuko son apparence.

Le manga met en avant la bonté et l’humanité de Tanjirou qui ne peut s’empêcher de voir un être qui souffre derrière chaque démon qu’il affronte. Demon Slayer se déroule à l’ère Taisho (1912-1926), il mêle le folklore japonais, certains codes des samouraïs, notamment l’attachement au sabre, et la fantasy.